La promenade : Bettina Rheims

Le week-end dernier, nous nous sommes offert une petite ballade parisienne, histoire de couper un peu avec le travail. A cette occasion, j’ai pu (re)découvrir l’oeuvre de Bettina Rheims – photographe française, née en 1952 – à la maison européenne de la photographie. L’exposition est très complète et est encore visible jusqu’au 27 mars : avis, donc, aux amateurs, elle n’est à rater sous aucun prétexte !


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L’exposition est répartie dans différentes pièces, chacune ayant sa propre thématique, retraçant ainsi un historique de l’oeuvre de Bettina Rheims. Son sujet de prédilection ? La femme, bien sûr, ce qui lui permet d’évoquer la question de son corps, à qui il appartient, les souffrances qu’il endure, sa sensualité, sa réification, l’idée de norme physique. L’image de la norme est d’ailleurs centrale dans la photographie de l’artiste, puisqu’elle choisit d’étudier également la thématique du genre, celle de la sexualité, de l’identité.

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Puisqu’il ne m’est possible de toutes les présenter, je vais me contenter de trois séries. La première, que j’évoquais précédemment, est liée au corps des femmes : L’artiste y montre donc des corps dénudés, meurtris, que cela soit par les vêtement, les coups, la chirurgie. Ces clichés interrogent notre relation à la beauté, au dictat de la mode, de l’apparence en nous montrant ces corps abandonnés, poupées désarticulées sans leurs atours, aux visages souvent rougi par les larmes. Une question se pose alors, comme une évidence : à qui appartient le corps de la femme ? Certainement pas à elle-même, nous répondent les clichés, où les modèles affichent souvent des regards absents : l’esprit déserte les corps meurtris. D’autres, au contraire, fixent l’objectif, attendant de la part de celui qui regarde une réponse, une réaction. 

Cliquez sur les images pour les agrandir.

Une autre salle nous fait réfléchir à la question du genre. Les portraits se succèdent, hommes, femmes ? Le visiteur s’amuse au départ à chercher dans les traits des modèles leur identité, un renflement au niveau de la poitrine, un signe qui lui permettrait de les classer. Et puis, les portraits se succédant, on ne joue plus. Femme ? Homme ? Peu importe au fond. Les visages qui se suivent n’apparaissent alors plus comme les représentants d’un sexe, mais comme les détenteurs d’une identité propre, certes un peu mystérieuse, mais qui ne regarde qu’eux. Leurs yeux semblent braver ceux qui s’aventurent en face d’eux, un mélange de « et alors ? », mais également d’une certitude quasi-inébranlable : si le spectateur s’interroge sur leur identité, eux n’ont aucun doute.

Enfin, plutôt que de vous présenter une nouvelles série, je voudrais vous parler de la couleur, qui fait la force des clichés. Les mises en scène se succèdent, les univers également, photos de stars méconnaissables, prostituées mises à nu, prisonnières à la recherche de leur féminité. Mais la couleur, elle, ne dénonce pas. Elle n’explique pas. Elle n’est pas argumentative. La couleur, ou son absence, nous raconte une histoire, nous emporte ailleurs, dans ce monde un peu étrange et mystérieux que nous offre Bettina Rheims.

 

Pour plus d’informations, voici le site de la maison de la photographie.

Bettina Rheims, Maison européenne de la photographie, Paris 4e, du 27 janvier au 27 mars.

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